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Affichage des articles du novembre, 2017

Yiddish

Les oiseaux creusent le ciel Pour trouver un trésor. Les morts n'arrêtent pas de le chercher, Dansant le tango sur un nuage. Les visages gris du jour Font tomber un soleil De leurs yeux. L'Amérique signe un décret Pour interdire le survol De leur territoire par les tricératops. Le miroir me languit, Je ne lui parle que les jours de pluie, Quand les vents se rencontrent Et se nouent en une ombre aquatique. J'ai perdu une dent en parlant Yiddish. On ne contourne pas l'horloge En écrasant sa montre,
On le fait en écrivant.

Sibérie

Les courbes de ma tête Me rappellent que la Terre est ronde. Je cache ma mort dans la poche D'un prisonnier. Le loup Est poilu jusqu'à la queue. Un aigle au cœur, Il s'envole comme un âne Mal aimé. Je brise la vitre qui me sépare Des danses, On ne berce pas ses yeux Quand la guerre arrive. La chaise marche Jusqu'à Singapour, Les pluies mouillent les morts Qui ne perdent pas de temps Pour revenir à la vie. Un mur en coton Tombe sur ma bouche. Je l'embrasse tendrement Et je tombe dans un volcan Froid comme un nuage
En Sibérie.

Condamné

Des mondes s'ouvrent Dans la mer. Un kangourou réfléchi Au prochain sot qu'il doit faire. Je ne cache pas mon cerveau, Je le pose dans un plat de pâtes. J'ai une porte à la jambe Pour pouvoir rentrer chez moi. Que se passe-t-il quand les ombres Dorment sur nos corps, On perçoit Dieu pêchant Les poissons rouges, Les primates Et les yeux du Loch Ness. Je cherche le sens du vide Qui m'habite comme un chat Sans oreilles. Les maisons tombent Les unes sur les autres, Un cœur français S'envole devant un ventilateur. Cherchons l'ongle Du diable Et tapons avec nos pieds
Sur le ventre du condamné.

Poisson

Les oiseaux chantent avec les alligators. Un homme pose un voile sur le monde, Les jambes de Jésus Ont été lavés. Les dents tombent, Le monde entier demande un dentiste, L'arbre tombe dans mes bras. Le cœur le plus doux est le moteur De ma Ferrari. Un mort écrit un livre Sur la gentillesse de Dieu. Je calque mon visage Sur les vagues, Un anneau de 30 kilos Au doigt, Je célèbre les malades Et les nantis Dans un slam. Je cache ma main Pour que la police Ne me retrouve pas. Un mur mange Un miroir. Dédoublement De mon corps. Je ne sais pas si je suis Fait d'or ou d'eau. Pourtant je dors Entre les ampoules Pour me croire en Eté. Les saisons sont des crapules Qui se bonifient avec le temps. Je me retire un poil, Puis un deuxième. Le ventilateur me découpe En petit tas d'écailles. Je suis un poisson,
Un poisson à l'usine.