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Vide + vide

Un assemblage de corps Dans une piscine olympique. Des édredons tout ronds Se baladent sous les têtes Des bébés. Un monstre écrit Que le monde Est vertical Comme une orange Pressée. Un vide + un vide Égal une vie. Mon estomac S'abstient de voter. Des couleurs entrent Et ressortent Les années bissextiles. Un cadeau au miroir Et on devient aussi Beau qu'un bateau A quai. Les décisions les plus importantes Sont celles qui nous font De belles rides. Chantons sous nos douches Et balançons l'eau froide Sur nos cerveaux trop lourds.

Toupie

Une tombe parle à un sac. Des toupies dans l'ombre Jouent un sale tour aux Humains. Grattons notre ventre pour Qu'un dauphin en sorte. Un mimosa entre les lèvres De ma chérie. J'écrase mes cheveux Contre la vitre. Mon monde a des cicatrices Au pied. Accouplons les fourmis Pour repeupler la terre. Des crânes secs Et des fruits mielleux Coupent un fantôme En deux. Changer les cils du Brésil Et jouons au ballon Chaque jour.

Cigarette

Un smart-homme Conduit un smart-cheval Pour aller en smart-Bretagne. Des pigeons à trois têtes Coupent l'air sous le pied D'un Dieu vacant. Les murs signalent leur présence A l'air qui n'y croit pas une seconde. Une ampoule roule sous le pied Du monde, La ruse du renard lui permet De vendre sa peau Avant de l'avoir tué. Mon nombril pèse 300 grammes Et des poussières, Les mêmes poussières Que l'on trouve dans Les cigarettes sans filtre. Mon poil est doux, Rugueux lorsqu'un œil S'y pose. Je choisis de vivre Avec moi-même Pendant les vacances De Noël. Une route se substitue A ma route Et je regonfle mon pneu Comme on jongle avec le soleil. Sommeil de betterave Et désir de pomme, On dort comme on respire, Presque tout le temps.

Bus

Des campements psychiatriques Sur la lune. Une poussière dans l'oeil Et on regarde son passé différemment. L'aube se sert à boire Dans mes mains, Je cherche le lion malléable Que j'étais. Une femme descend de mon nombril Et les langues coagulent Sous la Tour Eiffel. Mon cerveau fait le Tour de France Tous les jours. Un mannequin nain tombe, Secousse sismique Chez les bébés nageurs. Un cadavre s'esclaffe Lorsque les ombres L'oublient. Un coin de Terre Pour les chanteurs. Ma colombe Dépose un bébé Sur la tête De ma femme. On tourne tous Autour de l'iris de Dieu. Chapeau mort Et cravate médecin, Coupons notre vie En cinq bus distincts.

Silex

Un avion atterrit sur un oiseau. Jambe levée, tête à gauche, Rotation sur soi, Ongles recroquevillés. On ne demande pas aux lampes D'éclairer les cieux. On préfère croire à un Dieu Liquide. Son ombre rend les continents Gris. Le monde des morts Se divise en quatre parties : Le chapeau L'herbe verte le renard masqué Le silex-squelette

Pontons

C'est bien beau
D'avoir la plus grande dent du monde.
Il faut savoir s'en servir.
Pour atteindre sa propre plainte;
Le cœur douloureux
Comme chanter devant un cochon
À shabbat.
Les hirondelles dévorent le ciel
Et laissent une lune à peine entamée

Maison

Une maison coule Goutte à goutte. Les murs ont des orteils Pour entourer Les poètes trop vieux. Un chapeau renverse Une colonie de fourmis. Mon ventre se déplace Dans mon crâne, J'ai besoin de manger Mes pensées. Avaler un cheveu Que l'on entoure de son nombril. Les morts s'habillent Avec des mocassins Rouges. J'ai vu dans le ciel Un Dieu éphémère Et son psychanalyste. Les routes qui m'entourent Sont des réglisses. J'ai croqué mon ongle, Travailler mon corps Pour obtenir un salut Du monde, Même s'il ne me connaît pas assez bien.