lundi 20 février 2017

Mais où est x?

Un chat schizophrène demande
Si le jour et la nuit c'est la même chose.
Une lampe roule autour d'un arbre
Pour lui donner une luminosité automnale.
Des rats colportent la rumeur
Comme quoi le monde appartiendrait
Aux humains.
Un ordinateur tresse les cheveux
D'une gamine de six ans.
Une bouche gronde
Une de ses dents car
Elle a trop bougé.
Des miroirs s'emmitouflent
Et dorment d'un sommeil léger.
Une équation donne la mort perdante.
Une autre équation cherche x.
Mais où est x ?
On ne domine jamais son corps
Sauf quand il perd ses muscles.
Une musaraigne va au musée
Chercher des toiles de maîtres.
Un grand berceau où logent trois bébés
S'envolent sur la lune.
Une langue perd sa faculté de parler.
Les astronautes déchaussent les bébés.
Un grand Dieu coopte le diable
Pour qu'il triche aux échecs.
Les grands cerveaux se rencontrent

Et la vie est un bébé multipolaire.

dimanche 19 février 2017

Des portes rapetissent

Un oiseau s'enferme dans une maison.
Il vole dans la télévision.
Des couples batifolent près de l'église.
Un chat cherche un autre chat
Pour fonder une famille de chats.
L'écoulement de sang dans mon bras
Me permet de parler à mes globules
Rouges et noirs.
Une écharpe s'échappe de la prison.
Dieu cherche des lignes
Sur les chiffres romains.
Un chapeau sur mon crâne
Fait tomber mes cheveux.
Une lune additionne le nombre
De sandwichs mangés par l'homme
Dans la maison.
L'oiseau s'envole par la fenêtre.
Des portes rapetissent

Et deviennent des maisons pour fourmis.

lundi 13 février 2017

Un torrent

Le temps est agité aujourd'hui,
Il y a des vagues dans le ciel
Et des poissons au sol.
Un torrent a emporté le monde
Et l'a coupé en deux parties.
Le temps est agité aujourd'hui,
Il y a un ours qui fume la pipe
Devant une bijouterie,
Des lapins roulent à 200 km/h
Sur les routes de campagne.
Les gens jouent à mourir
Pour ne pas faire partir leur belle.
Un ongle s'assoit à côté d'un pêcheur
Et lui parle de sa tristesse d'être tout le temps
Attaché au doigt.
Une porte s'envole,
Tombant sur Mars.
Un homme de quatre cents ans
Demande l'heure à un bébé.
Il lui répond qu'il est minuit
Pour tout le monde

Depuis la nuit des temps.

vendredi 10 février 2017

Le coeur sans bras

J'ai cherché pendant longtemps
Le cœur sans bras
Qui se baladait entre les siècles.
Un jour,
J'ai trouvé une épée dans
Une corbeille à linge.
J'ai chahuté le mur
Le plus haut
Pour voir le monde
Avec des yeux d'enfant
Chanteur.
Les rides sur mes bras
Me rappellent que rien
Ne sauve les gens du temps
Mais qu'on peut quand même
Écrire pour fixer son corps
A la plage blanche.


mercredi 8 février 2017

Le monstre

Le monstre à huit têtes
Parle à mes trois ventres.
Une église fait la prière
Sous la mer,
Un chat se cherche
Dans un miroir,
Une lune de coton
Illumine les pulls
Des gens qui marchent.
Le silence s'envole
Avec un oiseau à trompe,
Le cœur de mes paupières
Est serré,
La nuit mange au grec
Avec le jour
Et discutent de l'après-midi.
Mon corps s'étend
Sur le monde.
Je ne regarde pas le ciel

Perdre sa chaussure.

samedi 4 février 2017

Pendant qu'on dort

Parfois, on pense que la vie s'arrête
Pendant qu'on dort.
Mais en fait non.
Elle ne s'arrête pas.
Les anges font le tour de notre corps
Avec des plumes pour nous ramener à la vie,
Et on se laisse guider.
Les gens se ressemblent,
Enfin leurs cerveaux se ressemblent,
Il a un millier de questions et de réponses
Qui tournent, qui tournent.
Et on n'a pas la réponse.
Je sais pas pourquoi.
J'aimerais bien avoir la réponse.
Mais ça sert à quoi.
A rien.
Alors les anges continuent de nous rafistoler
Avec leurs plumes
Et nous on se régénère chaque nuit
Et on crie, on se lamente,
On se donne à voir aux milliers d'yeux
Autour de nous.
On pense, on se penche au-dessus de la Seine,
On regarde, on a peur,
On se crispe,
On ne s'endort pas.
Et puis les verbes viennent.
Ils scintillent.
Ils brûlent.
Et nous on pense.

On pense.  

mardi 31 janvier 2017

L'assiette

Sous l'assiette,
Il y a un crabe.
Un crabe blanc.
Dans la cuillère,
Il y a de l'herbe.
J'avale le crabe.
Je dors dans l'assiette.
Je mange l'herbe
Devenant une vache bleue.
Sous le ciel il y a les hommes
Et au-dessus du ciel
Il y a les morts.
Et les avions.
Et les avions morts.
Sous le ciel il y a les immeubles.
Les meubles.
Les chats.
Les appartements.
Les dorures.
Sous la terre,
Il y a aussi les morts.
Et du marbre.
Il y a des gens.
Des gens.

Des loups.