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Zorro

Des bateaux qui se guettent Avant de jeter le poisson à l'eau. Un creusement dans mon cerveau Me permet d'écrire Aussi vite que Zorro. Une tempête à l’œil, Des oies dans le ventre, Je cherche un lance-flamme Pour brûler un nuage pas beau. Les lumières s'éteignent Comme les hommes. Une voiture avale Une anguille. Je coupe l'arbre bleu Qui pousse sur mon nez. Des équipes de foot Se disputent Un ballon ovale. Découpage de papier La nuit, Je reconstitue ma famille Avec de l'argile. Je pense aussi peu Qu'un cachalot Face à une vague. Le futur a de jolies dents, Un funambule Sous la casquette. Le passé a une oreille Brisé, Il n'entend plus rien. Heureusement

Métro

Des mers coulent Dans le métro. Une envie de vivre En regardant Un bar rempli D'ours polaire. Les cicatrices Que l'on compte Ne sont que Des bruits Du corps Qui veut s'échapper. Une valse Entre une centaine De personnes Et un ordinateur Nain. Le temps est clément Comme une clémentine Tempère Sa couleur. Un verbe Qui fait du deltaplane Avant d’atterrir Dans ma bouche. Mes lèvres Soulèvent Le cosmos Et la fin du monde. Croisons les cheveux Et les doigts Pour que le ciel Ne fasse pas Tomber sa chemise.

Table

Des clefs sur Pluton. Une toupie Toupine Sur une table Blanche. Les morts ne demandent Jamais d'être remboursé Par la vie. Une colombe Tombe sur le cou. Les ombres avalent Les arbres Pour les faire avancer. Un couteau coupe Une fourchette, Les villes ressemblent De plus en plus A des dauphins Échoués. Le comble De sentir le sang En soi alors Qu'il nous fait peur. Couler en soi Pour retrouver La vitalité D'un catcheur malade. Chapeau sur le doigt, Art dans la paume. On néglige les pommes Et les bananes. On préfère le vide De notre vi(e)déo.

Fleuves

Un bateau-marteau Derrière les barreaux. Chanter sa vie La dernière année Avant l'éviction de Dieu Du ciel. Des dons du sang Pour un continent, Les poissons miment La guerre des hommes. Autoroute craintive Qui ne supporte plus Les ambulances. Un arbre se cache Derrière un arbre. Des fleurs-fleuves Traversent le corps D'un humain A tête de savon. Mort pointue Au bout du nez. Les équilibres Tombent sur le côté. Veste de chasseur Et pantalon en velours. Mal au nombril Depuis 30 ans.

CLOU

Un clou cloué Dans un clou, Les bras en X, Je descends du ciment Rouge, Du babouin blanc Et de la vie noire. Un café prend un café Dans un café, Les oies se battent Avec les oiseaux Pour un bout de pain. Se chasser de soi Pour retrouver Une respiration. Couture sur les lèvres Et dorloter Son être vivant. Un nombril S'enfonce dans la Terre, Jusqu'au bout du soleil.

Champagne

Défilé militaire dans le ventre. Les nuages nagent Dans le ciel Creusé par l'homme. Un verre de champagne Pour mes trois Cerveaux. Une fleur Cache un piranhas. Des questions posées A Dieu qui ne trouve Pas encore de réponse. Masquer sa bouche Pour parler en cachette Des autres humains. Un mariage malaisant Entre Soleil et Terre. Le clou dans le mur, Le spectacle des ombres Qui se morfondent Dans le bras des hommes. Des cadavres à valise Se promènent A Paris.

Briser

Briser la lune Comme une tirelire. Une coupe d'eau Au cœur Et il repart Vers la droite. Un encéphalogramme M'ordonne de souper Avec la langue. Des couteaux dans les cheveux, Une ombre a un petit creux. Les immeubles divisent le gâteau en quatre étages. Mastiquer sa vie Pour qu'elle soit plus douce. Décider de dévêtir le monstre Et coiffer les trottoirs. Du ciment dans le silence, Je cours jusqu'à un corps Imparfait. Les cigognes copinent Avec les câbles électriques. Une tombe pour chaque homme, Un pied pour chaque chaussure.