Articles

La fin du plastique

La fin du plastique. Un couvercle enferme Un homme depuis 1 000 ans Dans une casserole-rossignol. Il chante, se chauffe le dos Avec l'aide d'une bouilloire. Des tigres fondent dans sa bouche, Son corps suit les courbes de la bourse, Un mannequin argentin lui tend la main, Ils dansent, Le tango, le mambo, le zouk. Un cuisinier prend le couvercle, Y dépose un homard. Le homard cache un trésor Entre ses pinces, C'est le ventre vide du vide. L'homme le respire Avec la candeur d'un rossignol. Le homard meurt, Le ventre vide, Du vide.

Je suis né dans une pupille

Le monde est rond, Ma tête est plate. Le monde a deux continents plus trois, Ma tête a deux roseaux plus trois. Mon paysage est de plus en plus flou, Je le parcours à l'aide d'une règle et d'une équerre, J'y vois des crevasses et des palmiers saluer L'homme qui m'a précédé. Les murs font du bruit pendant que je dors, J'écris un mot, puis deux. J'écris sur mon biceps Que la lampe m'assombrit peu à peu. Je suis né dans une pupille, Je suis né dans une pupille. Les wagons s'installent autour de ma porte. Un milliard de gens en sortent. Je me fais photographier en robe de chambre. Les étoiles ont du rouge à lèvres. J'attrape une parcelle du monde. Il est rond. Ma tête est plate.

Je crains mon propre ventre

Je crains mon propre ventre, Je crains mon propre ventre. Il peut me manger, m'étouffer, Me tendre, me sourire, Me créer, me laisser en plan Devant ma bouche Qui est de plus en plus grande. Mon intestin attrape un oiseau, Il s'envole et se pose sur un nuage, Devenant l'appareil digestif du ciel. Mon intestin devient l'appareil digestif du ciel. Et les croix fument devant des cercles. Je ne laisse pas mon cerveau près D'une plaque électrique. Je propose à mes mains de devenir Mes yeux. J'attrape les paysages, Les monts et les vallées. J'avale une couleuvre puis deux. Ma couleur se sent bien. Ma couleur se sent bien. Ma couleur se sent bien. Ma monnaie clope dans un portefeuille. Ma couleur se sent bien.

Je me vois avancer

La chanson sans fin Qui résonne dans ma tête Fait des bonds, des entourloupes, Communique entre mes bords Et je jette les mots avec la fureur d'un tigre. Les routes marchent sur moi Pourtant je me lève du pied droit, J’aère mon ventre de temps en temps, Je cache les voix croupissantes dans ma tête. J'écris, je me laisse courir, Je me vois avancer avec la tristesse d'un rire, Je me vois avancer avec les mains coupées, Je me vois avancer entre les lèvres d'un chat. Le temps fera peut-être un geste pour moi.

Une fenêtre gronde

Une masse d'été Grouille en hiver. Je porte un masque Pour mieux comprendre Mon ogre. Il y a des miroirs dans la population Qui sont de plus en plus petits. Je cause du midi à minuit Et du minuit à midi. Une main ne fait que passer. Rien ne se jette dans l'estomac Sauf la nourriture que je veux bien Y mettre. Un oracle m'invite à la fin du monde. J'y fais les magasins et j'ouvre Une boite de sardine pour l'au-delà. Une fenêtre gronde car, il n'y a plus de nuages. Je me tatoue un serpent sur la peau Les jours de mon anniversaire.

Je retrouve mon corps

Je confonds la masse de bruit Et le silence, C'est ainsi qu'une vieille porte Me donne l'envie de sortir de mon corps Quelques instants. L'automate devant lequel Je marche m'ouvre une église. Je vais y prier, Offrir ma foi à des bougies Plus vivantes que moi. Je m'assoupis sur le dos d'un bœuf Et trace au feutre le premier jour de ma naissance. Une équipe de jambes marchent Jusqu'à l'immeuble, Un écureuil fait des pompes, J'entre en moi avec la clé de nuit. Je retrouve mon corps. Mais je peux le revendre.

On a des vides

On a des vides plein les mains et pourtant on s'échappe. Mon cœur fait dans la dentelle, Dans le putassier et l'ordurier. Je ne colporte pas les ombres qui m'ont parlé. J'entends des voix de soldats me demandant D'arrêter la Terre. Il y a une machine à kebab qui tourne dans ma jambe. Je ne laisse pas le ciel faire les courses le jour de Noël. Pardon ! Pardon ! Pardon ! A ma langue sans nom Qui se rétracte quand arrive le midi. J'avale un bœuf, Je fais tomber un œuf Et j'enterre ma dernière tête Dans le vase rose. Mon sang ne fait qu'un tour de manège, Les dimanches sont philanthropes, Mon corps prend son bain tout seul, C'est un grand garçon. Je fais des miracles en exposant mes tétons Face à la mer. Dieu revient. Il chante, Il danse.