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Pianote

Quand on rencontre une âme Avec qui l'on veut s'enfermer, Il y a toujours un monde Qui tape à notre porte Pour nous donner à manger. Les oiseaux et leurs migraines, Les chats et leurs chapeaux pointus. Mon corps se balance Au-dessus d'une église Que l'on rafistole. Un tissu me sépare D'un cœur, Un coeur-cadavre Que l'on soupçonne D'être un ordinateur-nouveau-né. Des silences entre mes doigts De pied, Je pianote avec ma tête Sur le côté dur de la mer. Un nombre faramineux De graines de couscous Se déverse dans ma chambre. J'avance en tapant les murs Et en écrasant mes paupières. Le cerveau vole mieux Depuis que je l'ai laissé tomber. On croque un œuf Tous les matins. Zigatatifé Béglototo Chicosissisissi mari, Codextioto.

Poncho

Couloir vert Où dorment Des humains-bains, Une route coule Sur le visage D'une voiture. Les ongles Se dispersent Sous la Terre. Ma magnifique Planète, Mon poncho Gris, Je déplace le monde Et guide un Dieu Aveugle Jusqu'à la lune. Des signes de la main Que l'on fait Pour attirer les étoiles-camembert, Une conscience folle De soi Peut mener à la tortue-folie. Mon corps Dépasse le ciel Et vogue Vers des estomacs de l'espace. Un corps-cancre Qui se déplace A la vitesse d'un renard. Chantons le nombril à l'air. Chantons le torse bombé.

Vide + vide

Un assemblage de corps Dans une piscine olympique. Des édredons tout ronds Se baladent sous les têtes Des bébés. Un monstre écrit Que le monde Est vertical Comme une orange Pressée. Un vide + un vide Égal une vie. Mon estomac S'abstient de voter. Des couleurs entrent Et ressortent Les années bissextiles. Un cadeau au miroir Et on devient aussi Beau qu'un bateau A quai. Les décisions les plus importantes Sont celles qui nous font De belles rides. Chantons sous nos douches Et balançons l'eau froide Sur nos cerveaux trop lourds.

Toupie

Une tombe parle à un sac. Des toupies dans l'ombre Jouent un sale tour aux Humains. Grattons notre ventre pour Qu'un dauphin en sorte. Un mimosa entre les lèvres De ma chérie. J'écrase mes cheveux Contre la vitre. Mon monde a des cicatrices Au pied. Accouplons les fourmis Pour repeupler la terre. Des crânes secs Et des fruits mielleux Coupent un fantôme En deux. Changer les cils du Brésil Et jouons au ballon Chaque jour.

Cigarette

Un smart-homme Conduit un smart-cheval Pour aller en smart-Bretagne. Des pigeons à trois têtes Coupent l'air sous le pied D'un Dieu vacant. Les murs signalent leur présence A l'air qui n'y croit pas une seconde. Une ampoule roule sous le pied Du monde, La ruse du renard lui permet De vendre sa peau Avant de l'avoir tué. Mon nombril pèse 300 grammes Et des poussières, Les mêmes poussières Que l'on trouve dans Les cigarettes sans filtre. Mon poil est doux, Rugueux lorsqu'un œil S'y pose. Je choisis de vivre Avec moi-même Pendant les vacances De Noël. Une route se substitue A ma route Et je regonfle mon pneu Comme on jongle avec le soleil. Sommeil de betterave Et désir de pomme, On dort comme on respire, Presque tout le temps.

Bus

Des campements psychiatriques Sur la lune. Une poussière dans l'oeil Et on regarde son passé différemment. L'aube se sert à boire Dans mes mains, Je cherche le lion malléable Que j'étais. Une femme descend de mon nombril Et les langues coagulent Sous la Tour Eiffel. Mon cerveau fait le Tour de France Tous les jours. Un mannequin nain tombe, Secousse sismique Chez les bébés nageurs. Un cadavre s'esclaffe Lorsque les ombres L'oublient. Un coin de Terre Pour les chanteurs. Ma colombe Dépose un bébé Sur la tête De ma femme. On tourne tous Autour de l'iris de Dieu. Chapeau mort Et cravate médecin, Coupons notre vie En cinq bus distincts.

Silex

Un avion atterrit sur un oiseau. Jambe levée, tête à gauche, Rotation sur soi, Ongles recroquevillés. On ne demande pas aux lampes D'éclairer les cieux. On préfère croire à un Dieu Liquide. Son ombre rend les continents Gris. Le monde des morts Se divise en quatre parties : Le chapeau L'herbe verte le renard masqué Le silex-squelette