Folie passagère

Il y a des routes que l'on traverse
Et des trottoirs que l'on ne traverse pas.
J'ai vu dans un œil que j'étais petit,
J'ai vu dans un nombril que j'étais tout gros,
J'ai senti sous l'aisselle de Dieu
Pour voir si j'avais une lueur.
C'était un leurre.
Le temps ne fait que passer,
Il danse entre mes côtes.
Je pense donc j'essuie
La sueur sur mon crâne
Du fait de trop penser.
Il y a des secondes
Qui montent des brigades
De fous pour annihiler
L'espèce humaine.
Une cohorte de montres
Font la manche devant
Un magasin de chocolat.
Il y a un silence derrière moi,
Il me suit,
Me regarde avec un air vicieux.
Je dois me taire.
Je crois.
Je pense.
Je pense que je dois me taire mais j'en suis pas sûr.
Je parlais des secondes,
Ha oui elles ont fait la fête hier
Et ont dormi de midi à minuit
Avant que je parte dorloter
Mon ascenseur
Qui ne monte plus
Depuis que j'ai posté mon nombril à la poste.
Une chaise me joue des tours
En se cachant sous mes fesses.
Il y a une année en trop
Depuis la nuit des temps.
Je ne sais pas quelle année est-ce,
Peut-être la première année du premier homme
Sur terre
Mais je me trompe peut-être.
On n'est pas sérieux quand on a zéro an.
C'est peut-être pour ça que la vie
A un maigre intérêt les années bissextiles.
Je féconde un anneau.
Je féconde un anneau.
Je me mets au monde pour la cinquième fois
Mais je n'arrive pas à sortir de mon ventre.
Je n'arrive pas à sortir de mon ventre .
Un vaste été fait sa prière
Derrière une chenille
En polystyrène.
Le temple bouddhiste à côté de chez moi
Parle de paix,
Mais où est la paix ?
Où est la paix ?
Je vous le demande Monsieur !
Je ne vous appelle pas Monsieur
Pour rien,
Vous avez un beau chapeau
Et des yeux de biches
Qui me font penser
A ma grand-mère
Qui se cache dans un cimetière
Le long de la mer.
J'ai fait des rimes
Pour appâter le chaland
Passant devant mon corps-vitrine.
Mes organes dansent,
Mes organes dansent.
Il y a une barbe de trois jours
Qui me poursuit.
Je me tords derrière un arbre
Pour lui ressembler
Et faire vivre l'eucalyptus
Que j'ai toujours été.
Un singe fait la bringue
Dans un bar à St-Michel.
Il mange une banane,
Puis deux et deviens saoul
Comme un agneau
Que personne n'a connu.
Le verbe parle au complément
Pendant que je détruis une ligne
De chemin de fer ou passe
Un train toute les demi-heures
Dans ma tête.
Ma tête semble blanche
Et rose mais elle est d'une couleur
bleue.
Enfin je pense.
Je ne suis pas sûr.
Je me pose encore la question.
Qu'elle était la question ?
Voilà la réponse.
Je me demande si je vais continuer ce poème
Qui ressemble de plus en plus à une mascarade
Complète du sens des choses.
Car vous savez, le sens des choses
Est devenu rédhibitoire.
Je ne veux plus comprendre le sens des choses.
Cela fait danser mes organes dans mon corps.
Je laisse ma main dans l'au-delà
Pour faire vivre un ami quelques secondes
Avant que la nuit s'abatte sur tout les corps
Et que l'on change les secondes à jamais.
Ma feuille de vigne s'est caché dans une armoire à phalange.
Je fais jouer des pivoines au Trivial Poursuite
Pendant que la culture et l'économie
Font du bruit dans la chambre à coucher.
Il y a une esthétique du vivant
Qui est très propre et très saine.
Je pense que je ne suis pas le genre de mec
Qui regarde son dos.
Je ne regarderai jamais mon dos.
Cela ne sert à rien.
Je m'en vais.
Pas encore.
Je pense que ce n'est pas encore l'heure.
Le bruit de l'horloge me fait penser
Que le pain n'est pas une cible de la bouche.
Je me bouche le nez en voyant la nuit arrivé.
Elle arrive.
Doucement,
Lentement,



Elle arrive.

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