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Orgue

Des mirabelles dans ma tête de lance-pierre. J'ai deux ans de vie qui s'éternisent. Le cœur en quête de lunes pas trop froides, de soleils pas trop chauds, je réagis à la pluie pendant que mon ombre fait des mamours aux oiseaux. Je me jette dans mes bras, je me jette dans mes bras. J'attrape mes muscles et je les tourne dans tous   les sens, jusqu'à ce qu'ils ramollissent. La porte a une personne à  chaque côté , j'ai déjà ouvert une boîte de bruit pour faire la fête mais les forains m'ont dit que mon corps était un peu trop près du bord. Je dois faire attention, je dois faire attention.  Ai -je déjà signifié aux canards que la fête est finie ?  Ai -je déjà comblé mon b(v)ide ?  qu'est-ce que je   me mords, qu' est-ce   je me mords ! J'arrête pas de me mordre, de sniffer la poussière pour y faire pousser des fleurs. Un orgue me parle. Il me parle tout le temps. Un orgue dans ma tête. Un orgue,  un   orgue. Je ne laisserai pas...

Mon cœur est en Espagne

 Écho de l'ombre d'un moustique, J'ai mon cerveau qui tourne, tourne, Autour d'un pot de confiture. Confort, confort, je déteste le confort. Mon âme tenant un bout de ficelle A la main va dire au docteur Que mon cœur est en Espagne. Il est en Espagne depuis 50 ans, Traversant les Ramblas, Jouant aux boules avec d'autres Cœurs plus lourds que lui. Travestissement de ma main, Qui devient papillon, Cristal poilu et corde Pour avion. J'avance pas à pas Jusqu'à la cicatrice Du monde. Elle dort d'un sommeil léger. J'entre. Le corps au bord.

Mes chevaux courent jusqu'au point d'eau

Des cordes pendent, Des cordes pendent sous les ponts. Je m'attrape par le col Et je me crie à l'oreille : « Chuchote toi Chuchote toi ». Mes visages sont de plus en plus nombreux, J'en perds mes racines, Mes pieds. Mes chevaux courent jusqu'au point d'eau Mais reviennent assoiffés. Un cœur en plâtre dans une vitre. Je pose mon corps entre deux portes. Un athlète de la névrose, Un écrivain qui perd des images. Je mélange mon ventre avec la nuit. Et rien ne disparaît. Rien.

Ma douleur est au Mexique

Nourrir des efforts Afin qu'ils ne maigrissent pas. Je pends à mon cou un autre cou Qui s'empresse de développer Une tête soufflant Des silences hasardeux. Mon cœur a un appétit féroce, Il mord tout ce qui bouge, De l'insecte frivole à la fille À tête de prêtre. J'ai mon église au fond de l'iris, J'ai mon pied au fond du deuil, Et j'écris à mon propre sperme Que la vie continue. Des lucioles jouent autour De mon ancien corps de bébé, Je prends la main de ma mère Et je coupe ses ongles. Un fantôme pleins de doutes Vient frapper mon œil. Courbatures des mots, Ma douleur est au Mexique Sur un bateau ivre.

Festival du Film Loupé La Rechute

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Je participe au Festival du Film Loupé le 26 juin à Metz avec mes performances poétiques. Ami(e)s du Grand Est, venez ! Pour plus d'infos : http://www.lefestivaldufilmloupe.com/

Je pense

Débris de pensées sur un sol en marbre. Les journées comptent leurs doigts, Une curieuse jupe fulmine devant un ours, J'entends les ombres courir entre mes veines. J'arrête pas de penser, je pense, je pense, je pense, Je pense, je pense, je pense, je m'époumone En attendant que la caméra cesse Et qu'un gentil monsieur me donne une tape Sur l'épaule pour me dire que c'est fini. La porte claque entre mes deux narines, Je respire le non-sens et ma tête pendouille Entre deux siècles, J'ai ouvert le cœur d'un lézard Lors d'un de mes rêves. Puisque les murs ont des oreilles, Je vais leur dire ce que je pense. Mais je pense, je pense, je pense, Je pense, je pense, je pense, je pense, Je pense, Et je ne dis rien.

Rien Existe

La colombe entre dans la mort. La mort a des ongles-sourcils, Y'a des lunes qui oublient de cacher Le soleil, Alors, les populations frottent leur peau. J'ai déjà pensé à mon âge, Petit nombre qui survit Grâce à l'eau boueuse. J'ai le crâne qui sent la pizza, L’œil qui s'ouvre sur la mer, Et le goéland Vient déposer une rose Entre mes pieds. Rien n'existe, Rien existe, Je fends la terre Pour y retrouver La plasticité du vagin de ma mère. Dormir six mains sous terre Et coopter les fleurs Afin qu'elles taisent ma présence.