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Le bras de Dieu

  Le bras de Dieu Avec lequel Je fais mes courses A l'épicerie Du coin Est coincé. Une lune Dans le coin De l’œil, Les anges Échangent L'âge De leurs aïeux. Planète De sous Et de chats nus, Le vide en moi Se remplit Avec des lettres rouges Et un alphabet Byzantin.

Chocolat

Un édredon Très long Sous ma tête De charbon. J'ai des yeux-cinéma Pour voir la vie En 35 mm. Le soleil frappe A la gauche De mon œil. J'ai des corps Solides Dans mon corps Vaudou. Les lunes Se raréfient Avec le retour De la mort, La mauvaise mort, Celle qui court Sous le sol. Le noyau Terrestre N'est que du chocolat Blanc.

Stalactites

Des stalactites Dorées Au-dessus De mon passé. J'attrape mon nom En lançant une Fleur sur ma maternelle. Des ombres descendent Du ciel Pour faire Danser les morts. Un bruit Et le monde termine Avec panache. Chanter avec la moitié De soi Et hurler Avec l'autre moitié. J'ai une main Qui court Sous la statue Du Général De Gaulle.

Bible

Renaître Dans son propre Ventre. Écrire la bible Autour de soi Et discuter De choses et d'autres Avec les morts. Des mots siliconés Traversent La route. Un château Se perd Dans un lieu-dit. Des tomates Que l'on avale Pour survivre Aux fruits et légumes. Les hommes s'éparpillent Pour oublier La peau Sous l'os.

Matelas

Le poids Du monde Sur le dos de Dieu. Un corps se déplace De ligne en ligne, Une main sous Le matelas Qui attrape La poussière. Le nombril Qui empêche De vivre. Un bébé Signe Des chèques Pour sa garderie. Combler Le vide Avec de l'eau Plate.

Guêpe

C'est l'été, Les forêts Cachent des ombres. Il y a le sol Et sous le sol Y a le sous-sol Et ainsi de suite, La guêpe S'enterre toute Seule pour ne plus Entendre son bzzzz Qui lui tue L'oreille Gauche. C'est l'été, Les nuits Dépassent le ciel bleu Et ouvre un monde Nu, Le sexe à l'air. Chapeau Sur le bras gauche, Je fais parler Mon squelette Avant qu'il Ne s'en aille.

Bus nu

Dormir dans une huître En cachant sa main. Les ombres s'extasient Du petit mort Qui vient d'arriver. Un bus nu Dans la tête, Des robes dans l’œil, Je parcours ma taille Avant de jeter Un caillou sur la lune. Des tombes iroquoises Roulent vers Le Texas. Se battre avec le dieu Inconnu Et réussir son vide. Découper un habit Avant de se jeter à l'eau. Les oreilles Tombent Et on entend seulement Le bruit des cheveux Qui poussent, Qui poussent. Regretter des fantômes Et avaler un hamburger.

Le sens du mot

Le sens du mot va dans l'entre perdu au milieu du monde. Les âmes rondes grondent les passants, Les lunes adéquates Que le ciel marie Comme une enclume grise Au pied du mur. Le ciel renferme des avions, Les passagers tapent aux fenêtres Et la nuit close et stagnante Assombri la Terre Avec la raison de l’éphémère.

Son regard est une massue

Son regard est une massue Qui n'existe pas Le temps passe avec traîtrise Alors que mon corps mord un nuage Les canines fringantes Le sang ne fait qu'une route Sensationnel victoire Court sur patte Je m'en vais draguer les cimetières Les morts me terrassent.

Le chien a son plâtre

Le chien a son plâtre Il avance lentement, le coeur Désossé, il avance. Le regard malin, le silence Le maintient sur ses pattes Et un ours hurle devant un ciel noir Le chien continu sa marche Lentement.

l'ombre du temps meurt

L'ombre du temps meurt c'est mon âme qui s'ennuie La pêche aux fruits La légèreté retrouvé Le bannissement des ondes Chauffant mon âne cramé Au beau milieu du désert A mille vingt quatre graines de sable. Le temple avance Et induit un siècle dans mon crane Je laisse la nuit faire mon guide Jusqu'aux dernières nuits d'été.

De mon âme nue

De mon âme nue A mon coeur malade Le temps lutte Contre ces flammes Je mutes en un extraterrestre solaire Aux milles voix. J'entends mon corps s'alourdir Dépecé par un Dieu parkinsonien. Les arbres flasques fabriquent un monde Et mon ventre va craquer. Des yeux me poussent à la place des joues Je vois ma famille garder un visage plaisant Alors que ma chair devient un festin d'étoile.

Ils pivotent dans leur chair

Ils pivotent dans leur chair Le sang chaud, le nez coulant iLS pivotent dans leur chair Le ciel bleu passe à l'orage Ils poirotent dans leur chair La nuit éclair un rien Ils s'opposent à leur chair La pluie me frappe Ils s'écoutent dans leur chair Ils s'enroulent dans leur chair Ils s'étendent dans leur chair
Le ciel enlace mon corps Des nuits a lancé des feux dans ma gorge Je vois  le pied de dieu s'agiter Et la nuit rouille Lorsque mon squelette s'ennui. Je sens la mort faillir Ma vie se fait crânement. Beauté de velours.
Le vent de la plaine S'enroule entre mes dents Des bouts de viandes avariés Se font sentir Et je marche Entre les lilas Avec précaution. Je n'écrase rien A part mon corps Qui se lève aux aurores Pour maudire la plaine. Le temps s'efface quelques secondes Et je danse entre les murs Qui me veulent du mal.

La misère continue

Quant le ciel Alourdi de passions S'ouvre au pied d'un nuage Je m'attache aux branches Et la nuit sort de ses gonds Une lune fortuite Limité à une lumière jaunâtre. La misère continu Mon coeur est un malade lucide Agitant ses poumons Devant les yeux d'un Dieu Humiliant.

Je verse dans mon nombre

Le nomade a abusé de ses propres pieds, le temps se ronge les ongles Et une grande fourmi passe inaperçu dans le ciel Avalant les avions un à un. Je verse dans mon nombre Le liquide d'une nuit Le mélange des autres s'installe Et rien ne comble mon intérieur Cette quête sans fin d'une ombre meilleur.

Le temps furieux

 L e temps furieux, pris dans sa tombe nue, Ecarte ses secondes, ses bruits d'horloges, Enfonçant l'aiguille à mille platres, Dans la gorge boisée du monde aux sept milliards de pattes. La vie se divertit d'elle-même, De ses écarts et de ses souffles longs et délicats, Le coton rouge sang Appuyé sur la plaie, Fait couler dans ces nuits Le chant d'une poussiére Qui ne sait de qui elle provient. Je chante la nuit comme une merveille Une citadelle ou se brise un oeuf noir, Et repend sa coque En cents étoiles pourvues de lumières Et des rideaux à langue blanche Qui ne cesse de croître Pour atteindre le cimetiére, L'infini dortoir.

La colline a du ventre

L a colline a du ventre, Dans sa terre retournée, Se plante chaque jour, des fleurs, des roses, Des grenades rouges abreuvées de lait. La nuit cuit à feu doux, Bouillonnement d'étoiles La lune racle le fond de la casserole. C'est une Neptune qu'on brûle, Pour les papilles de la Terre, La sotte bourgeoise aux océans poliment jetés Dans un cratère ou l'on pèse la fumée Comme un adversaire de longue durée.

Des cochons aux ailes modernes

D es cochons aux ailes modernes volent au dessus de Paris. Les Allemands sont partis depuis fort longtemps,  La nuit, fusille au ciel, Laisse ses balles travailler la Terre. L'élégance du monde ne vaut pas ce spectacle. Des hommes s'emmerdent sous le ciel, Ce torrent bleu crachotant des limaces blanches. Qui tombe du ciel ? Quelques oiseaux, les plumes soignées, Le coeur encore chaud, fiévreux. L'atmosphère pèse lourd, puisque rien ne parle, rien ne prie. Sauf un homme seul, sous la Tour Eiffel, Contemplant ses jambes mécaniques, prie le bon Dieu pour qu'il respecte la fin de sa vie. Rien ne disparaît, Rien n'existe non plus, on y perd le goût de l'air pur, Les éventails s'attardent sur une mouche, Et une brise traverse la narine de quatre jeunes filles.