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Ma lueur

Ma lueur, ma lueur, où est passé ma lueur ? Dans la caravane d'un alligator, Des mimosas à tête de veines Me parlent De choses et d'autres. Le sommeil vient vers moi Avec sa brique de lait, Il me nargue et m'explique Que la vie n'est pas faite pour lui. Je penche ma tête à 45 degrés Et je deviens un vent sensible, Un vent d'Ouest pour les humains En fête. Un moteur hurle dans mon cœur, Il veut fuir, fuir, Fuir les montagnes et les forêts, Pour retrouver le sommeil blanc cassé Qui m'a toujours aimé.

Les vaches

Un chat à queue de moisson, Ouvre l'appétit de la seringue édenté qui me regarde Avec des yeux d'amour. Les vaches alcooliques tournent Autour du pot avant de faire couler Leur lait sur le sol en marbre. Je jette ma propre vie Dans une épave en pleine Mer Atlantique. L'eau est assez distingué, Avec ses vagues dentelées et son cou De taureau. Mordre la vitesse et caresser La lenteur, Chauffer le nez d'un porc Et couler dans un bain de laine Avec mon âme close.

Je fulmine

Pressant l’été contre ma peau, Je pressens le retournement des châteaux Contre le sol. Un orage fait éclater en moi La dernière goutte de sueur qu'il me reste. Je fulmine ! Je fulmine ! Des trottoirs étroits Cooptent mon corps Pour en faire un lampadaire. Le ciel a son propre miroir, Il n'a pas besoin de l'eau. Quand je règle mes sentiments Sur ceux de l'autre, J'oublie mon cœur dans une tornade Et j'écrase mon ventre Pour qu'il ressemble A un continent. Les jours heureux, Les jours heureux Me rendent frivole, Abasourdi, saoul Et sans vis-à-vis. La vie, son col en V Et son nid de six milliards D'êtres humains, Fait le dos rond Pour attraper une goutte de pluie. Le soleil est bien trop lâche, Bien trop lâche !

Le bateau

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Le ba, Le ba, Le ba, Le bateau

Le corps est affublé

Le corps est affublé d'un aileron de requin, Le corps est affublé d'un aileron de requin. Le sommeil est triste sur les pistes de ski, Un érotomane joue du violon En regardant les filles passer, Des bouches serrent les lèvres Pour attraper une dose de Co2. Mon cœur bat, mon cœur bat, Il s'emballe, se tord, se cabre, Mon cœur-cheval qui court, Qui court dans la nuit ensoleillée. Les journées fécondent des radiateurs, Une lunette regarde d'autres lunettes, Des yeux se perdent dans des discours visuels. Le temps claque des dents, Une pensée me vient... Mais ce n'est pas une pensée, C'est un acte : Je lève mon verre à mon cerveau, Le plus beau des veaux d'or. Un ordinateur séquestre le réel. Un ballon de baudruche éclate. La fin.

Une baleine

Mon oreille s'échappe Au bar. Elle boit, elle boit, Puis tombe au sol. Une vertèbre la relève. Mon oreille émet des sons D'un moi ancien, Un moi fœtus, Un moi abricot. Elle roule sous le ciel Et chante l’éphémère, Qui est, entendons-nous bien, Une baleine échouée. Le vent soulève des roses Sans tête, Un écureuil domine Le parc, Les érudits dorment Sous des couvertures de livres. Le temps passe, Le temps passe.

Je fais fondre mes yeux

De langues s'assagissent Dans la nuit presque courte Où je me laisse dormir. Je compte les moutons, Les vaches et les ânes, Et je m'endors, Le corps tourbillonnant Sous les draps, Un mannequin en plastique A mes côtés. Il me parle du beau temps, Des pluies tombant Sur la terre sans fond. Je fais fondre mes yeux Pour qu'ils ressemblent A ceux d'un mort, D'un mort aux yeux Mouillés qui oublient Ces soixante dernières années. Et s'éteint, Tranquillement.