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Le ciel enlace mon corps Des nuits a lancé des feux dans ma gorge Je vois  le pied de dieu s'agiter Et la nuit rouille Lorsque mon squelette s'ennui. Je sens la mort faillir Ma vie se fait crânement. Beauté de velours.
Le vent de la plaine S'enroule entre mes dents Des bouts de viandes avariés Se font sentir Et je marche Entre les lilas Avec précaution. Je n'écrase rien A part mon corps Qui se lève aux aurores Pour maudire la plaine. Le temps s'efface quelques secondes Et je danse entre les murs Qui me veulent du mal.

La misère continue

Quant le ciel Alourdi de passions S'ouvre au pied d'un nuage Je m'attache aux branches Et la nuit sort de ses gonds Une lune fortuite Limité à une lumière jaunâtre. La misère continu Mon coeur est un malade lucide Agitant ses poumons Devant les yeux d'un Dieu Humiliant.

Je verse dans mon nombre

Le nomade a abusé de ses propres pieds, le temps se ronge les ongles Et une grande fourmi passe inaperçu dans le ciel Avalant les avions un à un. Je verse dans mon nombre Le liquide d'une nuit Le mélange des autres s'installe Et rien ne comble mon intérieur Cette quête sans fin d'une ombre meilleur.

Le temps furieux

 L e temps furieux, pris dans sa tombe nue, Ecarte ses secondes, ses bruits d'horloges, Enfonçant l'aiguille à mille platres, Dans la gorge boisée du monde aux sept milliards de pattes. La vie se divertit d'elle-même, De ses écarts et de ses souffles longs et délicats, Le coton rouge sang Appuyé sur la plaie, Fait couler dans ces nuits Le chant d'une poussiére Qui ne sait de qui elle provient. Je chante la nuit comme une merveille Une citadelle ou se brise un oeuf noir, Et repend sa coque En cents étoiles pourvues de lumières Et des rideaux à langue blanche Qui ne cesse de croître Pour atteindre le cimetiére, L'infini dortoir.

La colline a du ventre

L a colline a du ventre, Dans sa terre retournée, Se plante chaque jour, des fleurs, des roses, Des grenades rouges abreuvées de lait. La nuit cuit à feu doux, Bouillonnement d'étoiles La lune racle le fond de la casserole. C'est une Neptune qu'on brûle, Pour les papilles de la Terre, La sotte bourgeoise aux océans poliment jetés Dans un cratère ou l'on pèse la fumée Comme un adversaire de longue durée.

Des cochons aux ailes modernes

D es cochons aux ailes modernes volent au dessus de Paris. Les Allemands sont partis depuis fort longtemps,  La nuit, fusille au ciel, Laisse ses balles travailler la Terre. L'élégance du monde ne vaut pas ce spectacle. Des hommes s'emmerdent sous le ciel, Ce torrent bleu crachotant des limaces blanches. Qui tombe du ciel ? Quelques oiseaux, les plumes soignées, Le coeur encore chaud, fiévreux. L'atmosphère pèse lourd, puisque rien ne parle, rien ne prie. Sauf un homme seul, sous la Tour Eiffel, Contemplant ses jambes mécaniques, prie le bon Dieu pour qu'il respecte la fin de sa vie. Rien ne disparaît, Rien n'existe non plus, on y perd le goût de l'air pur, Les éventails s'attardent sur une mouche, Et une brise traverse la narine de quatre jeunes filles.